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Bertrand Cantat : les vérités du juge qui l'a libéré

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fa.org
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Messagefa.org le Sam 14 Oct 2017 - 10:40



Le juge Philippe Laflaquière revient sur la polémique autour de la Une des «Inrocks» et raconte la détention puis la libération de Cantat, il y a tout juste dix ans.

Voilà dix ans que Bertrand Cantat est sorti de prison, mais l’émotion suscitée par la mort de sa compagne, l’actrice Marie Trintignant, tuée sous ses coups à Vilnius (Lituanie), continue de le poursuivre comme une traînée de poudre. La France n’a sans doute jamais connu de cas similaire, ou en tout cas aucun de cette ampleur. Figure emblématique du rock français, Bertrand Cantat est aussi pour d’autres le symbole des violences faites aux femmes. Chaque nouvel album, nouvelle promo ou concert de l’ancien leader du groupe Noir Désir provoque l’émoi.

Cette fois, c’est le magazine «Les Inrocks» qui déclenche le tollé en consacrant au chanteur sa Une. Le choix éditorial du magazine enflamme la toile et est dénoncé par certaines associations féministes. Même Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, s’en est émue. L’album solo de l’ancien chanteur de Noir Désir, «Amor Fati», qui sortira le 1er décembre, est du coup relégué au second plan face à la polémique.

Après sa peine de huit ans de prison, la libération conditionnelle en 2007 de Bertand Cantat avait déjà suscité l’émotion. En janvier 2010, le suicide de son épouse Kristina Rady, son meilleur défenseur lors du procès de Vilnus en Lituanie, a ravivé le malaise. Un malaise d’autant plus fort qu’il a été suivi de révélations autour d’un message audio de Kristina à ses parents dans lequel elle affirmait avoir reçu des coups du père de ses enfants. Un complément d’enquête a ensuite été ordonné mais l’affaire a finalement été classée.

Nous avons retrouvé le juge qui a libéré Bertrand Cantat il y a tout juste dix ans. Philippe Laflaquière, magistrat honoraire, est ancien vice-président de l’application des peines à Toulouse. Il a accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi vous exprimez-vous aujourd’hui ?
Cela fait dix ans exactement, le 15 octobre 2007, que Bertrand Cantat a obtenu sa libération conditionnelle, mais les passions sont toujours aussi vives. Je comprends l’émotion suscitée par la une de ce magazine, mais pas les réactions incroyablement violentes, parfois haineuses. Je pense que le temps est venu pour moi de rappeler un certain nombre de choses sur cette affaire exceptionnelle qui pourtant a été traitée de manière tout à fait normale sur le plan judiciaire.

Quels souvenirs gardez-vous du détenu Bertrand Cantat ?
Je l’ai rencontré une première fois plusieurs mois après son arrivée au centre de détention de Muret, et beaucoup plus tard au cours d’une permission de sortie, pour évoquer en présence de son épouse son projet de libération conditionnelle. De la première rencontre, je garde le souvenir d’un homme à l’apparence juvénile, réservé, fragile, rongé par la culpabilité, conforme au portrait qu’en avait fait les experts psychiatrique et psychologique que j’avais désignés. De nombreux mois s’étaient écoulés depuis le drame, mais il ne comprenait toujours pas comment il en était arrivé à commettre l’irréparable.

Que vous a dit Cantat sur son geste ?
Il a évoqué une altercation avec sa compagne, une bousculade au cours de laquelle il a été projeté contre un angle de porte. Il a éprouvé une très vive douleur dans le dos qui a provoqué en lui un soudain déchaînement de violence, de puissantes gifles dont les conséquences furent terribles. Est-il nécessaire de rappeler qu’il a été condamné à Vilnius pour «coups mortels» et non pour homicide volontaire (NDLR : cette dernière qualification n’existait pas alors dans le droit lituanien) ? Il est donc inexact de le présenter comme un «meurtrier», ou pire comme un «assassin», toujours cette dictature de l’émotion.

Comment s’est passée sa détention ?
Beaucoup plus pénible qu’il ne l’imaginait lorsqu’il a demandé son transfert en France pour se rapprocher de sa famille. Dans les premiers temps, un climat de représailles et de menaces autour de sa personne ; il se sentait en danger, et il n’avait sans doute pas tort, ce qui avait décidé la direction de la prison à lui affecter deux co-détenus comme «gardes du corps». Et puis plus tard, alors que la situation s’était apaisée, la violation de son intimité, ce véritable reportage photographique sur tous les moments de la vie carcérale du célèbre détenu. A partir de cette publication, il s’est refermé sur lui-même, limitant ses contacts.

Quelles sont les raisons qui vous ont amené à le libérer ?
Des raisons très simples. Son dossier remplissait tous les critères exigés par la loi : comportement irréprochable, psychothérapie, indemnisation complète des parties civiles, et bien sûr une activité professionnelle à la sortie. Il avait accompli la moitié réelle de la peine, seuil plus sévère que celui prévu par la loi. Prenant en compte les réductions de peine, j’aurais pu le libérer un an auparavant. Il n’a pas demandé une dérogation à cette jurisprudence, il voulait être traité comme tout autre détenu. Dans la période qui a précédé et suivi l’audience, la pression médiatique était incroyable. Inévitablement, j’ai subi des attaques et des menaces de mort. Mais il n’y avait strictement aucune raison de refuser cette libération justifiée et méritée, au motif que le détenu était célèbre, ou qu’il serait le symbole -ce que je ne crois pas- des violences conjugales.

A quel contrôle judiciaire était-il soumis ?
Comme pour tout libéré conditionnel, il a été placé pendant trois ans sous le contrôle du juge de l’application des peines de son domicile, avec des obligations générales de surveillance, mais aussi des obligations particulières comme poursuivre la psychothérapie entreprise en prison, mais aussi celle de s’abstenir de toute intervention publique ou diffusion d’oeuvre en rapport avec les faits commis. Une interdiction demandée par ma collègue du parquet, dont je savais par avance qu’elle serait totalement respectée.

Le suicide de son épouse Krisztina Rady ne vous a-t-il pas perturbé ?
Le mot est faible, j’en ai été bouleversé. J’avais rencontré une femme positive, dynamique, lumineuse. J’ai pensé à ses enfants comme j’ai pensé aux enfants de Marie Trintignant. A titre personnel, ce drame m’a d’autant plus marqué le jour où j’ai découvert sur Internet le «communiqué officiel» d’une avocate en mal de célébrité, me présentant en quelque sorte comme «co-responsable» du suicide de l’épouse de Cantat. Selon elle, j’aurais dû faire l’objet d’une inspection de la Chancellerie sur les conditions dans lesquelles j’avais accordé cette libération conditionnelle. Plus grave encore, il était expliqué que le chapitre consacré dans mon livre au dossier Cantat n’avait été écrit que pour couvrir les violences supposées sur son épouse. Une attaque véritablement pernicieuse. L’auteure de ce pamphlet, si elle s’était renseignée, aurait appris que mon livre avait été envoyé pour impression fin 2012, plusieurs mois avant que l’on connaisse l’existence de l’appel téléphonique troublant de Krisztina à ses parents. Je n’ai pas répondu à l’époque, obligation de réserve oblige. Mais cela reste pour moi une blessure indélébile.

N’y a-t-il pas un trouble public quand il donne une interview, sort un disque ou se produit sur scène ?
Je n’ai pas à porter un jugement d’ordre moral sur le choix qu’a fait Cantat de revenir dans la lumière. Je constate seulement que sa libération s’est déroulée sans le moindre incident. Par la suite, il m’a semblé que son retour sur la scène publique s’est déroulé de manière progressive, discrète, décente. Bien sûr, la discrétion est la règle pour la réinsertion de condamnés à de longues peines, c’est aussi une condition pour que s’exerce le «droit à l’oubli». C’est ainsi que j’ai pu, sans que cela ne s’ébruite, accorder ou favoriser la réinsertion de détenus auteurs de faits criminels ayant eu un retentissement exceptionnel. Pour Bertrand Cantat, c’est tout autre chose. Impossible d’imaginer pour lui ce droit à l’oubli, comme le montre la polémique de ces derniers jours. De toute façon, lui-même n’oubliera jamais ses actes. Depuis une certaine nuit de juillet 2003, je le crois plongé dans une culpabilité profonde, une souffrance inextinguible, une prison intérieure dont aucun juge ne pourra le libérer.

Comprenez-vous l’émotion que cela puisse susciter au sein de la famille de Marie Trintignant ?
Totalement. J’ai apprécié le silence digne de Nadine Trintignant lors de la libération de Bertrand Cantat alors qu’elle était invitée sur une chaîne télévisée.



Dernière édition par Hebdo le Ven 20 Oct 2017 - 21:32, édité 1 fois
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Faidherbe
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MessageFaidherbe le Sam 14 Oct 2017 - 13:29

Like a Star @ heaven
C’est un homme qui a tué une femme à coups de poing. Il faut redire cette phrase, je pense, pour bien la comprendre : c’est un homme qui a tué une femme à coups de poing. On peut rajouter toutes les excuses possibles, tous les compléments, toutes les circonstances : la passion amoureuse, le désespoir, l’alcool, la drogue, la folie, la jalousie, que sais-je.
Il n’en reste pas moins.
C’est un homme qui a tué une femme à coups de poing.
http://www.diasteme.net/2017/10/11/marie/
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Messagefa.org le Sam 14 Oct 2017 - 21:31

Marlène Schiappa fustige la Une des Inrocks avec Bertrand Cantat

Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a fustigé mercredi le retour médiatique de l'ex-leader de Noir Désir Bertrand Cantat, qui est en couverture des Inrocks pour son premier disque solo à paraître "Amor Fati".


"Et au nom de quoi devons-nous supporter la promo de celui qui a assassiné Marie Trintignant à coups de poings ? Ne rien laisser passer", a réagi Marlène Schiappa sur son compte Twitter.


Laurence Rossignol, ministre des Familles de l'Enfance et des Droits des femmes entre février 2016 et mai 2017 dans les gouvernements Valls et Cazeneuve, s'est également offusquée: "Réunir sur une même couverture Cantat et Orelsan qui chante "je vais te marie-trintigner", il fallait oser. Honte à ce magazine", a-t-elle tweeté.


L'artiste de 53 ans pose en Une de l'hebdomadaire culturel qui titre "Cantat en son nom". Un CD d'une compilation intitulée "la bande-son de l'automne" est plaqué sur la couverture avec le nom d'Orelsan dessus.


Le rappeur français avait inventé et prononcé cette formule dans son titre "St Valentin" en 2009. Jugé trois fois pour provocation à la violence envers les femmes, il avait été relaxé au bénéfice de la "liberté d'expression" l'an passé.


D'autres personnalités ont critiqué la Une des Inrocks, comme l'acteur-réalisateur Mathieu Kassovitz sur Twitter.


Chaque réapparition artistique et médiatique de Bertrand Cantat, comme lors de son retour discographique en 2013 avec le groupe Détroit, suscite des réactions véhémentes sur les réseaux sociaux depuis le drame de Vilnius à l'été 2003. Sa compagne d'alors, l'actrice Marie Trintignant avait succombé à ses coups après une violente dispute et Bertrand Cantat avait été condamné à huit ans de prison pour homicide.


Il en a purgé quatre, dont un en Lituanie, avant de bénéficier d'une libération conditionnelle en 2007. Depuis juillet 2011, son contrôle judiciaire a pris fin.


Dans l'interview qu'il accorde aux Inrocks, Bertrand Cantat déclare à propos de cette période tragique: "c'est un trou noir. Et ça a tendance à tout absorber. Ca prend beaucoup de place, ça m'occupe chaque seconde. Mais on finit par retrouver un semblant de vie. Comme je ne connais pas le déni je ne m'échappe pas. Je reste très seul avec tout ça".


Avouant avoir "très vite pensé au suicide", il dit aussi "accepter son destin (...) Ca ne veut pas dire que je vis sans regrets, sans remords. Il m'a fallu tout prendre, assumer les conséquences de mes actes. J'ai toujours été d'une clarté totale sur l'acceptation de mon jugement, de ma condamnation". 


Son album solo "Amor Fati" sortira le 1er décembre. Vendredi dernier, un premier extrait a été dévoilé sur internet, intitulé "L'Angleterre", une chanson sur le Brexit, les migrants et les égoïsmes nationaux.


Sans surprise, cette annonce était un des sujets les plus commentés ce jour-là sur le réseau social Twitter, partagé entre réactions enthousiastes et scandalisées.


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Faidherbe
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MessageFaidherbe le Dim 15 Oct 2017 - 0:41

Hebdo a écrit:Marlène Schiappa fustige la Une des Inrocks avec Bertrand Cantat

Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a fustigé mercredi le retour médiatique de l'ex-leader de Noir Désir Bertrand Cantat, qui est en couverture des Inrocks pour son premier disque solo à paraître "Amor Fati".




Est ce que Les Inrocks s'est posé la question du mal qu'il faisait aux proches de Marie Trintignant en choisissant cette couverture ? 
Est ce que Bertrand Cantat s'est posé cette question ?
A-t-il même pensé à ses propres enfants concernant la mort de leur mère ?
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Misery
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MessageMisery le Lun 16 Oct 2017 - 17:01

Bonjour

Quoiqu'il ait fait il a le droit de sortir son album, il a été condamné, il a payé, il est de nouveau libre.
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x
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Messagex le Sam 21 Oct 2017 - 13:34

@Faidherbe

Les Inrocks est un journal musical, la sortie d'un album doit bien avoir sa place dans la presse

@Misery

Jusqu'à preuve du contraire, oui
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Faidherbe
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MessageFaidherbe le Mer 25 Oct 2017 - 23:54

@x a écrit:@Faidherbe

Les Inrocks est un journal musical, la sortie d'un album doit bien avoir sa place dans la presse


@x

Mais là n'est pas le problème

_________________
Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.


Napoléon Bonaparte
                  EmpereurGénéralHomme d'étatMilitaire (1769 - 1821)
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Misery
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MessageMisery le Ven 3 Nov 2017 - 12:17

Je laisse ici un extrait d'article du Huffingtonpost car les propos collent avec cette discussion

Justice expéditive. Peines lourdes et immédiates. Prononcées par ceux-là même qui, avant-hier, à d'autres procès, réclamaient l'analyse rigoureuse. Plus de dialogue, plus de débat: La guerre? Se résoudre à ce qu'un homme ne soit plus que le miroir des fautes qu'il a commises à un moment de sa vie? Le siffler, comme cette foule a sifflé Polanski lundi soir à Paris? Condamner ceux qui projettent les films qu'il a tournés? Vraiment? Qu'on réclame qu'il soit jugé est une chose, mais qu'on insulte ceux qui défendent son œuvre n'en est-elle pas une autre? Quand bien même mériterait-il de subir, quarante ans plus tard, les foudres de l'indignité, n'est-on pas libre de regarder les films, d'écouter les chansons ou de lire les livres d'hommes et de femmes ayant fait preuve d'un comportement abject? Vais-je cesser de me déhancher sur une chanson de Michael Jackson ou de Jim Morrison sous peine de me voir désigné comme complice des saloperies dont ils furent accusés? Va-t-on interdire une expo sur Jean Genet, accusé de pédophilie et de vol? Va-t-on nier le tournant littéraire que marqua "Le festin nu" de William Burroughs ou le "Voyage au bout de la nuit" de Céline, sachant que l'un tua sa femme d'une balle de revolver et que l'autre collabora à un régime génocidaire? Ne peut-on plus parler, creuser et réfléchir?

http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-bedos/un-seul-nom-me-suffira-quand-la-liberation-de-la-parole-vire-a-la-guerre-des-sexes_a_23262930/

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